Hakama

Le pantalon et la jupe hakama pour homme et femme — la tradition plissée japonaise

Le hakama est ce pantalon plissé à jambes larges porté par-dessus le kimono depuis l'époque Heian — d'abord vêtement formel des samurai, repris ensuite par les pratiquants d'arts martiaux en kendo et aikido, aujourd'hui pièce de vestiaire portée aussi bien par les hommes que les femmes dans toute la mode japonaise. La version jupe-cut pour femme partage la même construction avec une tombée divisée ou unifiée.

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Le hakama est l'un des vêtements les plus anciens encore portés au Japon. Il apparaît pour la première fois durant la période Heian (794-1185) comme pantalon de cérémonie des aristocrates de cour, structuré autour de sept plis profonds qui portent un sens codifié — cinq à l'avant pour les cinq vertus confucéennes, deux à l'arrière pour la loyauté et l'épée incassable. À travers les périodes Kamakura et Edo, le hakama devient la tenue formelle standard de la classe samurai, associée au kimono et au haori pour les apparitions officielles, les cérémonies, les mariages. Les réformes Meiji des années 1870 dépossèdent les samurai de leurs privilèges mais laissent intact le vêtement ; les écoles d'arts martiaux le préservent comme uniforme formel jusqu'au vingtième siècle. Vers l'ère Taishō, les femmes adoptent le hakama comme tenue d'université — le andon-bakama jupe-cut devient une tradition de remise de diplôme encore vivante aujourd'hui. Cette collection prend cette lignée et la transpose dans des coupes modernes portables.

Pour homme : le pantalon umanori et ses versions modernes

La gamme de hakama homme suit la construction umanori — uma signifie cheval, nori chevaucher — la coupe à pantalon divisé conçue à l'origine pour monter à cheval. Itoburu en indigo, Matokuro en noir, Shiroumare en blanc portent la silhouette traditionnelle complète : sept plis répartis cinq à l'avant et deux à l'arrière, koshi-ita panneau rigide qui se pose à la taille, longues lanières himo qui enveloppent le corps et se nouent à l'avant en croix jūmonji ou en simple boucle ichimonji. Le tissu se décline en coton et polyester de poids moyen pour la respirabilité, avec une tombée qui tient les plis dans la durée.

Mitsuryo propose une variation 7/8 plus contemporaine — même construction, longueur raccourcie, transition plus simple vers un porter streetwear. Shinshiro et Konakoi se situent dans le registre utilitaire à jambe large, plus proche du vêtement de travail japonais que du hakama formel, et reprennent la même fondation plissée mais coupée pour le quotidien plutôt que pour la cérémonie. Le pantalon hakama homme dans toute sa gamme historique et contemporaine.

Pour femme : la lignée andon-bakama et la jupe plissée

La gamme hakama femme utilise la construction andon-bakama — la version jupe-cut indivise qui devint standard pour les étudiantes universitaires japonaises à la fin de l'ère Meiji et durant l'ère Taishō. Le nom vient de andon, la lanterne en papier — la silhouette s'évase d'une taille haute en une colonne de tissu plissé qui se lit davantage comme une longue jupe plissée que comme un pantalon. Raitobeju en beige, Namakuro en noir, Naitoburu en marine portent la variation a-line : taille haute ajustée, plis nets tombant à la cheville, lanières fines en rubans.

Pinkugakatta en rose, Jiminakuro en noir, Shian en cyan utilisent une coupe plissée plus pleine avec des plis accordéon plus profonds et un balayage de jupe plus large. La jupe hakama dans son interprétation moderne — portable comme jupe autonome par-dessus un fin maille ou un t-shirt, associée à des hauts kimono pour la silhouette traditionnelle complète, ou intégrée au styling Tokyo street avec des sneakers et un sweat oversize.

Coloris et matières : du noir cérémoniel au coton estival

Le hakama noir s'impose comme couleur dominante sur la gamme homme traditionnelle — Matokuro, Mitsuryo, Jiminakuro — parce que kuro porte le poids le plus formel dans le vêtement traditionnel japonais, la couleur des mariages, des funérailles, et des cérémonies sérieuses. C'est également la couleur standard du hakama d'entraînement en kendo et aikido, ce qui ancre la silhouette dans l'association aux arts martiaux. La gamme en coton couvre les coupes respirantes du quotidien — Itoburu coton indigo, Shiroumare coton blanc, Raitobeju coton beige — plus proche du vêtement d'été que du poids cérémoniel.

Les pièces en mélange polyester tiennent les plis plus nettement et résistent mieux aux faux plis pendant les voyages, ce qui les rend plus adaptées au registre street tokyoïte qu'à la cérémonie traditionnelle. Le hakama blanc Shiroumare marque la teinte la plus solennelle — la couleur des mariages Shinto — tandis que les indigos profonds reprennent l'héritage des teintures à la cuve. La structure de pli reste identique entre les matières ; seule la tombée change avec le poids du tissu.

Dans les arts martiaux : aikido, kendo et entraînement

En dehors du registre mode, le hakama survit comme uniforme d'entraînement standard pour plusieurs arts martiaux japonais. Le hakama kendo utilise la même coupe umanori à sept plis en coton indigo de poids moyen, associé à un gi de pratique. Le hakama aikido suit la même construction dans un poids légèrement plus lourd pour encaisser les chutes et les roulades de la pratique. L'iaido et le kyudo (arts du sabre et tir à l'arc) maintiennent tous deux le port du hakama dans leur étiquette d'entraînement formel.

Les pièces de cette collection sont conçues pour un porter quotidien plutôt que pour l'entraînement martial — les coupes et les grammages ne sont pas certifiés pour usage en dojo — mais elles partagent la même lignée de construction. Le hakama samurai au sens historique est le même vêtement en soie ou laine plus lourde, réservé aux occasions de cérémonie. Pour ceux qui cherchent un hakama purement technique pour la pratique intensive, mieux vaut se tourner vers des marques spécialisées ; la collection Japanstreet est pensée pour la rue et le vestiaire quotidien.

Bien choisir sa taille et entretenir son hakama plissé

Les tailles suivent les conventions traditionnelles de la coupe. Le hakama umanori homme se taille à la taille et l'entrejambe, le panneau arrière koshi-ita s'ajustant via la longueur des lanières himo. Le hakama andon-bakama femme utilise une logique taille haute ; la ceinture élastiquée et les rubans accommodent un éventail large de mesures. Les longueurs vont du 7/8 Mitsuryo jusqu'au plein Shiroumare au niveau de la cheville. Les plis sont en couteau ou en accordéon selon la coupe.

Le hakama se porte rarement seul. L'association traditionnelle hakama kimono pose le hakama par-dessus un kimono ou un blouson kimono, avec le kimono rentré dans la taille haute et les lanières du hakama croisant l'obi. Le styling Tokyo moderne casse les règles dans les deux directions : hakama avec un fin maille crème et des bottines, hakama avec un blouson kimono ouvert, hakama avec des sneakers et un t-shirt graphique oversize. La construction tient ces registres parce que la silhouette n'a jamais dépendu de ce qu'on porte au-dessus de la taille.

Côté entretien, les plis demandent un soin particulier au rangement — pièce à plat, plis alignés, jamais roulé ni suspendu à un cintre qui briserait la ligne. Lavage en machine à 30°, séchage à plat, repassage doux côté envers en suivant les plis.